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Langage et pensée : perspectives et apports de Jean Piaget

Cet article explore les idées de Jean Piaget sur la relation entre langage et pensée, montrant comment le psychologue suisse différencie les fonctions représentative et sociale du langage. Selon Piaget, bien que le langage joue un rôle important dans la structuration et la transmission des idées, la pensée trouve d’abord ses racines dans les actions sensori-motrices de l’individu. Loin d’être l’origine de la pensée, le langage agit comme un outil de formalisation et de socialisation, complétant ainsi le développement cognitif.

Jean Piaget, fondateur de la psychologie du développement cognitif, a profondément marqué les études sur la relation entre langage et pensée. Pour Piaget, le langage est certes un instrument puissant de représentation et de communication, mais il n’est ni l’origine ni le moteur principal de la pensée logique. En tant que processus fondamentalement social, le langage permet de formaliser les concepts, de structurer la pensée et de favoriser les échanges interpersonnels. Cependant, selon Piaget, la pensée trouve ses racines dans les actions sensori-motrices de l’individu, bien avant que le langage n’émerge. Cette vision marque une distinction entre la fonction représentative du langage et son rôle dans l’évolution des opérations logiques, un domaine où Piaget identifie des liens complexes entre le développement cognitif et l’acquisition linguistique.

Le langage, dans la perspective de Piaget, est un système sémiotique parmi d’autres, qui permet de représenter des idées, d’organiser des concepts et de communiquer des expériences. Selon Piaget, l’acquisition des mots et des structures syntaxiques ne suffit pas à garantir la compréhension des opérations logiques, lesquelles se construisent par l’action et l’interaction avec le monde physique. Le langage contribue à la pensée, mais il ne la produit pas ; il est un « cas particulier de la fonction sémiotique » qui prend sa place aux côtés d’autres formes de représentation, telles que le jeu symbolique ou l’imitation. Ainsi, avant même d’apprendre à parler, l’enfant développe des schèmes d’action qui deviendront les fondements des structures logiques ultérieures.

Piaget distingue ainsi deux rôles distincts du langage : son rôle en tant que système de signes et son rôle en tant que moyen de communication sociale. En tant que système de signes, le langage offre des symboles arbitraires et conventionnels permettant une abstraction puissante. Cependant, l’appropriation des concepts logiques passe par une activité interne de construction cognitive qui dépasse la simple maîtrise des mots. Par exemple, le fait de savoir utiliser des mots pour exprimer des relations de quantité ou de comparaison ne garantit pas la compréhension des concepts de conservation ou de transitivité, qui sont des opérations logiques fondamentales. Piaget soutient que ces opérations se construisent avant tout par l’action, avant même d’être représentées linguistiquement.

En examinant les enfants sourds et leur acquisition des concepts logiques, Piaget souligne que les opérations fondamentales de la pensée, telles que la classification, la sériation et les relations spatiales, se développent même en l’absence de langage formel. Ces enfants, bien que retardés dans certaines compétences en raison de barrières de communication, démontrent une progression similaire aux enfants entendants dans le développement de la logique fondamentale. Pour Piaget, cela montre que les schèmes d’action et les interactions sensori-motrices suffisent à initier les bases de la pensée logique, soulignant ainsi l’autonomie de la cognition par rapport au langage.

Toutefois, Piaget reconnaît également l’importance du langage pour l’achèvement des opérations formelles et propositionnelles au stade de la pensée adulte. À ce niveau de développement, le langage joue un rôle crucial dans la formalisation et la structuration des opérations cognitives avancées, permettant aux individus de manipuler des idées abstraites et de faire des hypothèses complexes. Le langage contribue alors à socialiser la pensée, à permettre l’échange des perspectives, et à favoriser l’objectivité des connaissances. La discussion et la confrontation des idées, rendues possibles par le langage, créent un espace d’élaboration collective des concepts et encouragent la pensée réflexive, essentielle à la logique formelle.

Ainsi, Piaget conçoit le langage comme un outil qui complète, mais ne détermine pas, le développement cognitif. La pensée logico-mathématique, qu’il considère comme un invariant universel, se développe indépendamment des structures linguistiques particulières d’une langue donnée. Cependant, le langage fournit un cadre dans lequel la pensée peut s’exprimer de manière formelle, et il facilite la transmission culturelle des concepts. Dans ce contexte, Piaget voit le langage comme un moyen de renforcer et d’affiner la pensée, en permettant aux individus de formaliser et de transmettre des idées dans un cadre social et intersubjectif.

En conclusion, Jean Piaget propose une vision du langage comme une fonction cognitive parmi d’autres, mais qui n’est ni suffisante ni nécessaire à la pensée. La pensée trouve son origine dans l’action et les schèmes sensori-moteurs de l’enfant, mais le langage devient un vecteur de développement et de socialisation des opérations cognitives complexes. En articulant les dimensions représentative et sociale du langage, Piaget offre une compréhension nuancée des relations entre langage et pensée, qui met en avant la richesse de l’activité cognitive humaine et la nature constructive du développement intellectuel.

Jocelyn Godson HÉRARD, Copywriter H-Translation

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